Des jardins solidaires au cœur de la Cité

Parole d’acteur

« Le projet doit répondre à un besoin du côté des usagers, en même temps qu’il s’inscrit dans un objectif stratégique du côté des acteurs associatifs ou institutionnels qui l’animent. Ces attentes doivent se croiser. »

Jean-Luc Birski, directeur de la Régie de Vierzon

Logo-Si-es-jardinPortés par l’intérêt pour une alimentation saine et une plus grande proximité avec la nature, les jardins potagers en milieu urbain se multiplient. Depuis plus de dix ans, de nombreuses Régies développent des jardins solidaires, avec et pour les habitants des quartiers. Le projet national porté par l’association Si T’es Jardin, initiée par le CNLRQ, vise à soutenir et encourager ces initiatives.

Des projets de jardins solidaires sont actuellement en place ou en projet dans plus de 60 Régies. Ces espaces collectifs, mais constitués de parcelles individuelles placées sous la responsabilité de chaque utilisateur, sont gérés selon des règles qui s’appliquent à tous. Par sa situation en pied d’immeuble, l’espace des jardins est visible et ouvert aux habitants, ce qui contribue à son appropriation par ceux-ci, y compris par les habitants qui ne jardinent pas.

Nés d’une volonté partagée des habitants et de leur partenaires ces jardins potagers, de différents types jouent un rôle fédérateur, notamment parce qu’ils ouvrent la Régie sur de nouveaux partenaires et lui permettent de développer de nombreuses activités sur des thématiques variées (éducation à l’environnement, santé publique…). Les jardins constituent aussi un outil particulièrement pertinent pour mettre en œuvre le projet politique des Régies de Quartier.

Les jardins peuvent être de plusieurs types, en fonction du but poursuivi : promouvoir la solidarité entre les habitants, constituer des outils pédagogiques, ou contribuer au dispositif d’insertion mis en œuvre par la Régie.

Les jardins solidaires

Ces jardins sont situés au cœur des quartiers populaires, la plupart du temps en pied d’immeuble, ce qui les rend accessibles aux habitants et permet de réintroduire la nature en ville.  Ils fonctionnent selon une logique d’autoproduction alimentaire : les légumes sont cultivés et récoltés par les habitants. Des jardiniers professionnels peuvent encadrer les habitants et leur apprendre à faire des semis par exemple, mais ils ne doivent pas se substituer à eux. La dimension non marchande est centrale. Les terrains, de taille réduite (moins de 1 000 m² pour la plupart), sont le plus souvent mis à disposition gratuitement par la Ville ou le bailleur social Aucun produit chimique n’est utilisé dans les jardins solidaires où les techniques agrobiologiques sont privilégiées.

Les jardins pédagogiques

Ces jardins, de petite taille (souvent moins de 100 m²), sont situés en plein cœur  des quartiers populaires et sont utilisés par la Régie et ses partenaires dans un objectif d’éducation populaire, le plus souvent en direction d’enfants. Ils permettent d’initier des partenariats variés (centres sociaux, centres de loisirs, écoles, maisons de retraite, bibliothèques…) et de travailler sur le lien intergénérationnel.

Les jardins d’insertion

Ces jardins de production maraîchère sont situés en ville ou à proximité, et permettent à des habitants salariés de se former au métier d’ouvrier maraîcher. La production de légumes est vendue localement, soit sous forme de paniers (vendus aux adhérents de la Régie ou à tous les habitants qui le souhaitent, en fonction de la capacité de production de la Régie), soit à des restaurants, des moyennes surfaces ou les cantines scolaires de la Ville.