Vendôme : Mission locale et Régie de quartier coude à coude face au décrochage scolaire

© La Nouvelle République – Publié le 01/02/2021

Les stagiaires tournent un film racontant leur expérience.

Les stagiaires tournent un film racontant leur expérience. © Photo NR

Que faire face au décrochage scolaire ? C’est à ce défi que tente de répondre aujourd’hui la Mission locale associée à la Régie de quartier. « Le décrochage scolaire concerne de plus en plus de mineurs, explique Laurent Delvaux, responsable de la Mission locale. Cela représente 25 % des jeunes qui souhaitent entrer au plus vite dans le monde du travail et ne veulent plus entendre parler de l’école. Hélas, beaucoup d’entre eux ne possèdent pas les codes qui leur permettraient l’accès aux entreprises. »
Mission locale et Régie de Quartier coude-à-coude « Plus qu’un stage, c’est à proprement parler un vrai temps de travail qui leur est proposé, avec une rémunération sur la base du Smic, en même temps qu’une formation complémentaire axée sur le “ savoir être ”, ajoute Mélanie Leclerc, directrice de la Régie de quartier. Car pour la plupart d’entre eux, ce n’est ni le travail, ni la production qui posent problème, mais plutôt la manière d’appréhender les rapports au sein d’une équipe ou avec la clientèle. Pour nous, recevoir ces jeunes était un véritable défi, car la moyenne d’âge au sein de Frip’Art est habituellement de 42 ans. »
Pour Laurent Delvaux, il est clair que ce stage en entreprise sera bénéfique et leur permettra d’acquérir une maturité que leur sera indispensable pour la suite. Commencé à la mi-octobre 2020, le contrat de ces jeunes se terminera à la mi-février 2021. Si le temps passé à travailler en magasin semble les satisfaire, les temps de formation restent difficiles : « Beaucoup ont l’impression de se retrouver en classe, et leur expérience de l’école est si mauvaise que cela ne les enchante pas vraiment », explique Mélanie Leclerc. D’où l’idée d’insérer à cette formation un temps de découverte des arts du spectacle, en faisant intervenir la Wish Association pour les aider à concevoir un film assez court sur le stage qu’ils effectuent. « Nous avons déjà pris le temps de travailler sous forme d’improvisations, et avec les rushs que nous possédons, il y a déjà de quoi monter quelque chose de sympa », se réjouit le cinéaste vendômois Flavien Denis.
Quant aux jeunes stagiaires, ils soulignent le fait qu’ils préfèrent se « sentir utile en travaillant, plutôt que de s’ennuyer en classe ». Et si certains étaient dubitatifs sur l’expérience cinématographique qu’on leur proposait, la plupart admettaient quand même prendre un certain plaisir à se mettre en scène sous les conseils éclairés de leur « professeur ».