Wallonie – Enghien: un quart des projets de la déclaration de politique communale ont abouti

© Fil info – le 5/02/2021

La majorité enghiennoise a tiré un premier bilan après deux ans de mandature: un beau bulletin selon elle. Des projets qui ne sont pas proches des besoins des habitants selon Ensemble Enghien.

Jeudi soir lors du conseil communal, la majorité enghiennoise (Ecolo – Enghien en Mouvement – PS) a proposé de faire le bilan de sa déclaration de politique communale 2019-2024 après deux ans de mandature. Le bourgmestre Olivier Saint-Amand a ainsi présenté les projets qui ont abouti ces deux dernières années. Ces projets concernent trois volets: ville en transition, réseau social et ville-parc.

Dans le volet ville en transition, Enghien a soutenu la mobilité douce en élaborant une stratégie cyclable et en créant des trottoirs à la rue de la Procession et une placette autour de la chapelle à Petit-Enghien. Elle s’est engagée dans la transition énergétique en adoptant un plan énergie pour les bâtiments communaux, en soutenant les habitants pour réduire leur consommation et en soutenant la production locale d’énergie renouvelable. Enfin, elle tend au zéro déchet en valorisant les déchets compostables, en réduisant les ordures ménagères incinérées et en réduisant les objets à usage unique.

Pour l’axe réseau social, la Ville a tenu à dynamiser le lien social avec l’implication des habitants des quartiers dans le projet Equinoxe ou en mobilisant les volontaires dans le cadre de la crise de la covid. Elle a renforcé l’insertion socio-professionnelle en augmentant le nombre de bénéficiaires de l’article 60, en renforçant la collaboration avec la régie de quartier et en menant un nouveau partenariat avec l’ETA. La diversité des Enghiennois a été accueillie comme une richesse avec des initiatives locales d’accueil, des cours de français langue étrangère, l’accueil de migrants en transit pendant le premier confinement, l’accueil d’une maison de transition ou encore l’accueil d’urgence dans trois abris d’urgence et des logements de transit.

Enfin, dans le volet ville-parc, la majorité a voulu animer l’espace public avec l’événement autour du patrimoine Equinoxe, la mise en valeur du patrimoine, la création d’un concours photo et le soutien à la biennale Miroir. Elle a misé sur l’économie locale avec l’émission de bons d’achat à valoir dans les commerces locaux, la création d’un magasin éphémère pour artisans locaux et du branding autour du commerce local. Et puis elle a rénové le patrimoine et créé de nouveaux espaces culturels en équipant la salle Pôl’Arts et la réfection de la toiture des écuries et l’aménagement de salles dans les combles.

Durant ces deux premières années de travail, la majorité a réorienté certains projets. Au niveau des travaux publics, la priorité a été donnée à la rénovation de la Grand-Place plutôt que de la place du Vieux Marché, priorité également à l’aménagement de l’espace circulaire entre le parc communal et la Grand-Place plutôt que celui de la Cour d’honneur. Au niveau de la création d’un centre de jour: la construction d’un nouvel espace est abandonné au profit d’un développement au sein de la maison de repos (après la crise sanitaire), et une priorité a été donnée à l’augmentation du nombre de lits médicalisés. La création d’un poste de manager centre-ville est abandonnée, la mission sera confiée à l’ADL. La création d’un marché des producteurs locaux est également abandonnée. Par contre, les producteurs locaux présents sur le marché du mercredi seront identifiés et le marché du samedi sera relancé.

« Un quart des projets de la DPC ont abouti et 35 à 40% sont en cours », se félicite Olivier Saint-Amand, « seul un tiers des projets n’ont pas du tout été commencés. » Pour la majorité, le bulletin est donc bon.

« Nous restons sur notre faim »

Pour Marc Vanderstichelen, chef de file Ensemble Enghien, « nos craintes déjà exprimées lors de la présentation du budget se confirment. Beaucoup de choses ont trait à la stratégie, la formation, l’étude. Nous attendons des projets qui correspondent aux besoins des Enghiennois. Par exemple les parkings en centre-ville qui étaient dans tous les programmes ne sont pas encore réalisés et il n’y a rien de concret. On parlait d’une mise en place de navettes, d’un skatepark, d’une plaine de jeux, d’une maison des jeunes… Nous restons sur notre faim. »

De son côté, Florine Pary-Mille, cheffe du groupe MR, se réjouit de « l’augmentation des lits médicalisés à la maison de repos. » Mais elle se pose aussi des questions. « On parle de relocaliser l’économie, dans les projets à venir, on ne parle plus de magasin éphémère, pourquoi? Est-ce que la réorientation des travaux vers la Grand-Place veut dire qu’on abandonne les travaux au Vieux Marché? Je m’étonne également qu’on n’ait pas avancé sur les parkings. Et également qu’on ait peu intégré la composante covid à la DPC.  »

Au MR Toujours, Sébastien Russo constate que « pour certains projets il y a eu quelques lacunes en matière de communication envers la population. Je pense par exemple à la maison de transition ou à la confection des masques. Ce serait bien d’essayer d’améliorer cette communication envers la population. » Quant au patrimoine, le conseiller se demande si « de petits ajouts ne pourraient pas le mettre en lumière, par exemple avec des panneaux explicatifs. Quand on comprend quelque chose, en a tendance à mieux le respecter. »

« Nous passons des études au concret »

Pour Olivier Saint-Amand, Marc Vanderstichelen est « habitué à choisir un clou et toujours taper dessus. Tu parles de plans et d’études, mais ce n’est pas la réalité. On parle d’emplois avec les articles 60, de travaux à Petit-Enghien, d’aides aux commerçants,… c’est du concret. On passe souvent des études au concret. Et mieux, on passe à l’action de manière plus volontariste que d’autres et on devient pilote. Alors oui, il y a toujours des études pour préparer l’avenir, mais le présent, ce sont des actes concrets. »

A propos de la communication, Olivier Saint-Amand reconnaît que ce n’est pas facile de toucher toute la population, puisque chacun a sa manière de s’informer de ce qui se passe en ville « via Facebook, le magazine communal ou encore Notélé. Mais nous avons engagé en décembre dernier une nouvelle responsable qui chapeautera les services communication, tourisme et animation. Elle vient de présenter un plan. Et j’ai plaidé pour des panneaux didactiques. »

Concernant le magasin éphémère, Francis De Hertog, échevin du Commerce et du Développement local explique: « Nous avions ouvert à l’hiver 2019 mais cela n’a pas été reconduit. Nous avions l’intention de louer le n°45 de la rue de Bruxelles pour le mettre à disposition des commerçants, mais à cause de tracas administratifs la location n’a pas pu se faire rapidement. Et même si on avait pu, nous n’aurions pas pu ouvrir de nombreux mois en 2020. Mais le projet n’est pas abandonné. »

Les travaux au Vieux Marché ne sont pas non plus abandonnés. « Le projet de reconfiguration globale est reporté. Mais certaines réfections seront tout de même réalisées », assure Jean-Yves Sturbois, échevin des Travaux. « Et concernant le parking, nous sommes en discussion pour la création de 200 places entre les anciennes fonderies et Wielandt. Mais ces discussions prennent beaucoup de temps car de nombreuses personnes sont concernées. »

Un espace pour les jeunes devrait aussi voir le jour prochainement. Un nouvel éducateur de rue va être engagé. « Et il mènera un projet avec les jeunes pour rénover le pavillon dans le petit parc. Les jeunes pourront alors occuper ce lieu », précise Nathalie Vast, échevine de la Cohésion sociale et de l’Accueil temps libre.

Sarah Libbrecht